Archives

15 mars 2011

L’équin se marre, et ce en 2011

Bonjour à vous, chères mangeuses et prêteuses occasionnelles de bras,

Pas encore de pluie depuis bien trop longtemps, on navigue dans un univers qui ressemble de plus en plus à un désert, mais pas encore chaud. La pluie devrait tomber, on l’attend pour abreuver les peuples sous-terrains, les racines de nos engrais verts et de nos poireaux, pour gorger d’eau les fèves déjà semées mais dans un sol secos et pour réhumidifier nos petits corps presque déséchés. M’enfin on espère que toute la pluie d’hiver ne va pas nous tomber d’un coup sur la tête non plus. Bref, on est pleines d’espoir et c’est ce qui nous fait rire, car en fait rien ne nous y encourage en ce moment !

Outre les nouvelles d’ailleurs où la terre tremble et les réacteurs pètent, où les révoltes sont écrasées dans le sang, les nouvelles d’ici où les fous furieux gagnent en popularité, voilà que des ingénieurs de toutes sortes se pointent autour de nous pour exécuter leurs diverses missions « d’aménagement du territoire ». Aujourd’hui même, deux pédologues sont venus prélever de la terre dans vos champs pour faire leur rapport au DCTi et savoir si la terre de la plaine de l’Aire est assez bonne pour qu’on la déplace par camion on ne sait où le jour venu ( !!!) et deux architectes sont passés nous exposer le plan qui verra l’un de vos champs se transformer pour moitié en une digue pour préserver l’autoroute et le quartier de la Praille des potentielles crues tricentenaires de la rivière du coin. On a comme le sentiment d’être un village de gaulois qui aurait paumé son druide, c’est un peu dur.

Mais bon, comme toujours on croit rêver et on continue notre petit bonhomme de chemin avec une joyeuse bande du mardi qui récolte des choux de Bruxelles tout en pouponnant des nourrissons sous le regard interloqué des passants du chemin des grands champs. Cette semaine, le printemps tarde encore à venir et un modeste panier vous enchantera quand même, enfin on espère ! Choux de Bruxelles donc, pour l’unique fois de la saison. A nettoyer un peu et à cuire avant qu’ils ne se déssèchent. A la vapeur c’est top, faut les servir encore un peu croquants avec du beurre, du sel et un grand sourire de contentement. Une salade de pourpier pour la fraîcheur, de la patate car il y en a encore, de la courge mais c’est vraiment la dernière, du céleri ou de la carotte et un petit paquet d’ail des ours qui tapisse la forêt.

Le céleri, vous pouvez le couper en tranche épaisses, le tremper dans de l’œuf et de la chapelure et le faire frire à la poêle, c’est divin. L’ail d’ours, vous pouvez le réduire en pesto mais sans en abuser car il détient toute la force de la forêt dans ses feuilles et que ça peut piquer le palais et les intestins si on n’y prend pas gare. Vous pouvez aussi le couper en morceaux et le mélanger à du gros sel pour en faire une sorte de base de bouillon qui aromatisera vos futurs petits plats. Quand c’est bien salé, ça se garde dans un pot sans problème pendant longtemps et vous pouvez en profiter quand vous voulez.

C’est l’occasion de vous annoncer que la saison maigrelette s’annonce entre la fin des légumes de garde et le début des légumes nouveaux. Si ça vous tente, c’est le bon moment pour partir à la chasse de l’ail des ours, du pissenlit et des aspergettes que la nature vous offre si vous voulez bien aller vous ballader un peu en elle. En plus, tout ça est dépuratif, car comme la nature est bien faite, les premières plantes du printemps sont là pour purifier vos petits corps qui sortent de l’hiver…

Allons nous perdre un peu dans la verdure qui subsiste pour reprendre des forces et continuer la lutte !

A bientôt le nez dans les herbes sauvages,

Vos celles autour desquelles l’étau se resserre, et vous avec.